Le point sur les vendanges pour le millésime 2019
Dossier - Mardi 08 octobre 2019

Cette année a encore été stressante pour les différents vignobles français. Les résultats annuels s'annoncent décevant et la météo est grandement responsable de ce déficit.

Le changement climatique frappe au cœur ce millésime 2019

Il n'y a pas de doute, le GIEC insiste sur le fait que les épisodes de sécheresse s'annoncent plus nombreux et plus intenses au cours des prochaines années. Cette année 2019 correspond parfaitement aux prévisions du GIEC. En effet, les réserves d'eau étaient déjà déficitaires avant l'été sur une grande partie de la France et la réserve en eau des sols s'est affaiblie tout au long de l'été mettant le végétal en stress hydrique une grande partie de la saison chaude. La baisse de la production est aussi la résultante des épisodes de chaleurs répétitifs et réguliers entre la Bourgogne, la vallée du Rhône et le bassin méditerranéen. Un rapport d'Agreste souligne toutefois qu'un point positif lié à la sécheresse et de la chaleur se distingue. On compte moins de maladies qu'en 2018 et elles ont des conséquences plus négligeables que l'an passé. Au final selon le ministère de l'agriculture, la production s'élève à 42.2 millions d'hectolitres, ce qui correspond une baisse des cuves de 14% par rapport à 2018.

Du gel au printemps et des températures inhabituelles

Même si les chiffres évoqués ne sont pas aussi bas que ceux de 2017 (37 millions d'hL récoltés, la plus faible cuve depuis 1945), le gel et la canicule ont encore fait des dégâts cette année. La floraison a d'abord été perturbée par le gel au printemps en raison des gelées tardives en Bourgogne, dans le Centre, dans le sud-ouest et surtout dans l'ouest. Ces basses températures étaient accompagnées d'un temps humide, ce qui a brûlé le végétal. Les doubles épisodes de canicule de juin et juillet 2019 ont eu des conséquences dévastatrices surtout en Méditerranée. En quelques heures, certaines cultures ont été grillées par la chaleur inédite et le vent combinés. Enfin rappelons-nous qu'au printemps des orages de grêle se sont produits entre la Dordogne et le Limousin et ces orages ont parfois fragilisé des parcelles de façon très localisée.

Des récoltes en baisse mais une qualité préservée

Malgré des récoltes qui sont donc plus faibles que la moyenne de ces trente dernières années, la qualité du vin sera au rendez-vous cette année. En effet, les maladies plus rares permettent aux vinificateurs d'avoir tous les éléments pour produire un grand millésime cette année. D'ailleurs, François Labet, président de l’interprofession des vins de Bourgogne souligne que les différents millésime mémorables de la région datent de 1929, 1949 et 1959. Ça tombe bien, cette année se termine également encore en neuf !

Stéven Tual

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